Migration SEO : la checklist complète, avant, pendant, après

Par François Castellani Publié le

Une migration se joue avant la bascule, dans l'inventaire des URL et la décision prise pour chacune. Les quatre décisions possibles sont : conserver l'URL et réécrire, rediriger en 301 vers un équivalent réel, laisser répondre 404, ou assumer un 410. La faute la plus coûteuse est la redirection de masse vers la page d'accueil, qui détruit la correspondance d'intention sans rien préserver.

Avant la bascule

1. Inventorier, sans exception

Une URL absente de l’inventaire sera perdue. Consolidez toutes les sources :

  • crawl complet du site existant ;
  • tous les sitemaps, y compris les anciens encore servis ;
  • export Search Console des pages, sur douze mois minimum ;
  • URL recevant des liens externes, via le rapport de liens de Search Console et tout outil tiers dont vous disposez ;
  • URL recevant du trafic selon votre analytique, qui révèle parfois des pages absentes du crawl.

2. Décider, URL par URL

Quatre décisions, et quatre seulement :

Conserver l’URL et réécrire le contenu. L’intention reste valide et l’URL capte des signaux. C’est le choix le moins risqué. Sur ce domaine, six URL ont été traitées ainsi, dont une qui portait à elle seule 23 008 impressions.

Rediriger en 301. Un équivalent réel existe, qui répond à la même intention. Pas « un sujet proche » : la même intention.

Laisser répondre 404. Le contenu a disparu, sans équivalent, et l’URL ne reçoit ni lien ni trafic notable.

Assumer un 410. Le contenu a été supprimé volontairement et ne reviendra pas. Le signal est plus explicite qu’un 404.

L’arbre de décision tient en quatre questions :

L'intention de la page est-elle encore couverte par le nouveau site ?
├── NON → des liens externes pointent-ils vers cette URL ?
│         ├── OUI → créer un équivalent réel, ou 410 en l'assumant
│         └── NON → 410 (ou 404)
└── OUI → cette URL capte-t-elle encore clics ou impressions ?
          ├── OUI → conserver l'URL, réécrire le contenu
          └── NON → 301 vers la page qui couvre l'intention

3. Produire le mapping

Un fichier, une ligne par URL, avec la décision et sa raison. Le modèle utilisé pour ce domaine :

ColonneContenu
ancienne_urlURL complète, telle qu’elle est servie
clics_12mClics sur la fenêtre, depuis Search Console
impressions_12mImpressions sur la même fenêtre
position_12mPosition moyenne
action_recommandee301, 410, KEEP_REWRITE_SAME_URL, REVIEW_AUTOMATED
destinationURL cible, vide si pas de redirection
raisonPourquoi cette décision, en une phrase

La colonne raison est celle qui rend le mapping relisible six mois plus tard, et discutable avant la bascule plutôt qu’après.

4. Mettre à jour les liens internes

Les liens internes doivent viser la destination finale, pas passer par la redirection. Une redirection interne fonctionne, mais ajoute un saut à chaque clic et dilue le signal.

5. Recetter sur un environnement de préproduction

Contrôles à automatiser avant toute mise en production :

  • chaque destination déclarée existe et répond 200 ;
  • aucune chaîne de plus d’un saut ;
  • aucune boucle ;
  • les URL conservées répondent bien 200, pas 301 ;
  • le nouveau sitemap ne contient ni redirection ni URL non indexable.

Le jour de la bascule

Dans cet ordre :

  1. déployer le nouveau site avec la table de redirections active ;
  2. vérifier les codes de statut sur un échantillon de vingt URL historiques prioritaires ;
  3. contrôler robots.txt : une mise en production avec un Disallow: / hérité de la préproduction est un incident classique ;
  4. vérifier les canonical sur les gabarits principaux ;
  5. soumettre le nouveau sitemap dans Search Console ;
  6. conserver l’ancien sitemap accessible quelques semaines : il aide le moteur à redécouvrir les anciennes URL et donc à traiter les redirections.

Préparez aussi la procédure de retour arrière avant la bascule, pas pendant l’incident.

Après la bascule

Première semaine

  • inspection d’URL sur la page d’accueil et cinq pages prioritaires ;
  • surveillance des 404 et des erreurs douces dans Search Console ;
  • contrôle des canonical retenues par Google, qui peuvent différer de celles déclarées.

Premier mois

  • comparaison des clics et impressions par répertoire, sur des fenêtres de durée identique ;
  • suivi des URL explorées mais non indexées ;
  • vérification que les redirections sont toujours actives — une purge de cache ou une mise à jour d’hébergement les fait parfois disparaître.

Au-delà

Les redirections restent en place au moins douze mois. Le mapping reste archivé : c’est le seul document qui permette, un an plus tard, de comprendre pourquoi une URL donnée a été supprimée.

Ce qui se passe si on saute l’inventaire

Le scénario est toujours le même. La bascule a lieu, le trafic chute, et l’inventaire est alors reconstitué sous pression. Comme le temps manque, une règle globale est appliquée — généralement une redirection vers l’accueil ou vers la catégorie la plus proche. Les signaux des pages qui fonctionnaient sont perdus, et il faut ensuite plusieurs mois pour les reconstruire, sans garantie.

L’inventaire coûte quelques jours avant la migration. Le rattrapage coûte des mois.

Limites de cette page

  • Une migration bien menée limite la perte, elle ne produit pas de gain : la refonte ne crée pas d'autorité par elle-même.
  • Une période d'instabilité après la bascule est normale ; sa durée dépend de la vitesse de re-exploration et n'est pas contrôlable.
  • Sans inventaire des liens entrants, la décision de supprimer une URL repose sur une information incomplète.

Questions fréquentes

Peut-on rediriger tout l'ancien site vers la page d'accueil ?

C'est à éviter. Une redirection doit mener vers un équivalent réel ; à défaut, elle est traitée comme une erreur douce et le signal est perdu, avec en plus une mauvaise expérience pour les visiteurs arrivant d'un lien. Quand aucun équivalent n'existe, un 404 ou un 410 est préférable.

Combien de temps garder les redirections ?

Au moins un an, et durablement si le coût de maintenance est faible. Les liens externes anciens continuent d'envoyer du trafic longtemps après la migration, et une redirection supprimée transforme ce trafic en 404.

Faut-il changer les URL pour en avoir de plus propres ?

Rarement rentable. Quand l'intention reste valide et que l'URL capte des signaux, la conserver et réécrire le contenu est le choix le moins risqué. Le gain d'un slug plus lisible est marginal au regard du risque de perte.

Sources

Sources primaires consultées

Diagnostic

Sécuriser une migration

Une réponse argumentée sous deux jours ouvrés, avec un premier avis sur le maillon qui bloque. Pas de prise de rendez-vous imposée avant d'avoir compris le contexte.

Sans site en ligne, décrivez le projet dans le message.

Réponse sous 2 jours ouvrés