Des véhicules toujours plus connectés et des appareils et services pour accéder au métavers seront à l’honneur cette année lors de la grand-messe annuelle des technologies et de l’électronique qui s’ouvre ce jeudi à Las Vegas.
Du 5 au 8 janvier, le Consumer Electronics Show (CES) va avoir lieu sur plus de 18 hectares, des stands dans les hôtels aux espaces extérieurs dédiés aux voitures. Ce salon devrait être celui du retour en masse des exposants et investisseurs, après deux éditions compromises par la pandémie.    En 2021, il s’était tenu en ligne. Au programme de cette année, beaucoup de véhicules (voitures en quête d’autonomie, bateaux et avions électriques, machines agricoles connectées), des gadgets gonflés à l’intelligence artificielle, et une nouvelle catégorie : le Web3, c’est-à-dire la nouvelle génération d’internet, qui comprend le métavers. “On va avoir l’impression d’être dans un salon automobile”, prévient Kevan Yalowitz, directeur des logiciels chez Accenture. Les organisateurs ont annoncé avoir vendu tous les stands disponibles au West Hall, l’espace dédié aux constructeurs et fournisseurs. Ces entreprises vont mettre en avant leurs logiciels, prédit Kevan Yalowitz. “Nous pensons que d’ici 2040, environ 40% de tous les véhicules sur les routes auront des systèmes d’exploitation informatiques qui peuvent être mis à jour à distance”.
Cette évolution va ouvrir la voie à la possibilité pour les développeurs de “créer des expériences” pour les conducteurs et passagers, comme pour les utilisateurs de n’importe quel service numérique.    De plus en plus de véhicules vont donc participer à la “bataille pour le temps des consommateurs”, un des sujets au coeur du CES 2023, selon l’expert. “On voit apparaître un certain agacement des consommateurs face au nombre de sollicitations. Un tiers des utilisateurs des principaux services de streaming a résilié au moins un abonnement en 2022, et cette tendance va continuer”, souligne-t-il, citant une étude réalisée par Accenture dans dix pays. D’où la nécessité pour les diverses plateformes et applications mobiles de proposer des expériences toujours plus irrésistibles, surtout dans le métavers, qui peine à convaincre pour l’instant. Le métavers, censé incarner l’avenir d’internet, consiste en des univers immersifs accessibles notamment via la réalité virtuelle (VR) ou la réalité augmentée (AR).
C’était déjà un thème dominant du CES en 2022, juste après le pivot de Facebook, rebaptisé Meta, vers ces technologies. Un an après, le géant des réseaux sociaux a investi des dizaines de milliards de dollars dans ses casques de VR Oculus et ses plateformes, suscitant l’effroi des investisseurs qui y voient un gouffre sans fond. La catégorie du Web3 au CES va regrouper les entreprises spécialisées du secteur, et aussi de la blockchain et des cryptomonnaies. De nombreux ingénieurs espèrent qu’un internet décentralisé naîtra un jour de ces technologies. “Mais il va peut-être y avoir moins de crypto que prévu à cause de FTX”, remarque Carolina Milanesi, de Creative Strategies. L’implosion de cette plateforme de cryptomonnaies, et l’arrestation de son patron Sam Bankman-Fried, qui avait popularisé les devises numériques, ont en effet conclu une année noire pour le secteur.
Les nouveaux produits qui seront présentés au CES ont été conçus pendant la pandémie, rappelle Avi Greengart, qui s’attend donc à beaucoup d’objets pour faciliter le télétravail. La santé occupera aussi les esprits, des accessoires connectés jour et nuit, aux dernières innovations au service des médecins urgentistes. La zone du salon baptisée Eurêka Park doit accueillir quelque 1.000 start-up de 20 pays, avec une délégation française conséquente, mais aussi des jeunes pousses ukrainiennes et, pour la première fois, africaines, avec des entreprises de la République démocratique du Congo. Quelle que soit leur innovation, la plupart des exposants feront valoir leur progrès en matière de développement durable. Les robots ne seront pas en reste. Les visiteurs croiseront dans les allées des peluches aux grands yeux innocents, des humanoïdes étonnants et des drones ultra performants. “Je pense que nous allons voir de grandes avancées dans la robotique personnelle, pour la maison, et aussi des démonstrations inspirées de technologies initialement conçues pour les militaires”, indique l’analyste indépendant Rob Enderle. “Mais il y aura aussi beaucoup de camelote bon marché”, ajoute-t-il.
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